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INTERVIEW DE BERNARD GOUTTA
 
  Bernard a fêté ses 29 ans le 28 septembre, il mesure 1.86m et pèse 103 kg, joue au poste de 3e ligne aile. Il est né à Perpignan et habite Rivesaltes en compagnie de sa femme et de sa fille Mélissa. Il joue à L’USAP depuis 1994.
 
 
Bonjour Bernard, et merci d’avoir accepter notre invitation pour répondre à toutes nos questions...
Quand as-tu commencé à jouer au rugby et pourquoi ?


  • En réalité j’ai commencé à jouer au football vers l’âge de 10 ans à Rivesaltes et ensuite à Salses. Lors de ma rentrée en 6ème au collège de Rivesaltes j’ai retrouvé des amis de Baixas qui m’ont vu grand et fort et m’ont proposé d’essayer le rugby...
    J’ai donc conservé les deux sports le football et le rugby au club de l’ESBAC pendant quelques temps... J’ai d’ailleurs une anecdote à ce sujet !... Comme j’ai maintenu les deux sports j’étais assez fatigué et je faisais à l’époque des hypoglycémies à répétition mais je ne savais pas pourquoi !!! Forcément, j’oubliais de me nourrir !!! Alors faire 4 heures de sport sans rien dans le ventre c’était normal d’avoir des coups de fatigue !!! (Rire)…..


     
      Quel est ton palmarès ?

  • Je n’ai eu qu'un seul titre de Champion de France Espoir. C’était en 97, lors de la première finale du Championnat de France Espoir. Edmond Champagnac jouait à l’USAP au poste de 3ème ligne aile et il s’est blessé avant d’affronter les demi-finales. Les entraîneurs Marc Sycre et Henri Salles ont fait appel à moi pour jouer la demi et la finale que nous avons gagné contre Bourgoing à Castres. J’avais l’impression de lui avoir « volé » son titre, alors je lui ai remis mon maillot parce que je pensais qu’il le méritait plus que moi.

    Question actualité à présent... Comment vois-tu la suite du championnat puisque les « sang et or » sont en tête du championnat !... Es-tu confiant pour la suite ?


  • Là nous terminons une étape importante, car nos objectifs étaient de se qualifier. Maintenant notre but est de rester invaincu à domicile si nous gagnons, et garder la 1er place. Ce qui équivaut à une place Européenne « Heineken-cup », c’est intéressant pour l’année prochaine. Ensuite je crois qu’à la fin de la première phase nous allons nous fixer ensemble de nouveaux buts, c’est à dire dans les play-off de se qualifier pour les demi-finales si nous restons 1er, car là nous n’auront pas de quart de finale à jouer !

    Rassure nous !… Tu as signé encore pour combien de temps à l’USAP ?

  • ]Là j’ai encore 1 année de contrat et j’ai signé pour un an de plus, normalement je resterai à Perpignan.

    As-tu eu d’autres propositions ailleurs ?

  • Oui, oui bien sur j’ai eu d’autres propositions notamment Castres et Bègles aussi, mais mon cœur est à l’USAP. J’y ai toute ma famille, et c’est vraiment la plus belle région de France !

    Comment te prépares-tu pour les rencontres et notamment les phases finales ?

  • Je n’ai pas de préparation particulière à faire, je regarde simplement les gens autour de moi, lorsqu’ils se déplacent en famille ou entre amis, avec les voitures ornées de « sang et or », l'engouement que çà engendre, voir les gens heureux c’est ce qui me motive. Lorsque nous arrivons sur les stades par exemple à Colomiers lors des phases finales et que l’on voit du bus toutes ces couleurs, tous ces gens qui sont là, et font griller sur le bord de la route, c’est fabuleux ! Vraiment fabuleux !!
    C’est ma motivation, je n’en ai pas d’autre, nous avons le plus beau public de France ! Vraiment !
    Regarde !!! Lorsque j’en parle j’ai la chair de poule !!! (rire !!)
    Il faudrait y retourner cette année et cette fois-ci, la jouer la finale !… Pas y aller en touristes, mais vraiment la jouer à fond et ramener le Bouclier !
    Pour cela il faut rester maître à domicile et après on verra bien …. Il ne faut surtout pas perdre à la maison ! La rencontre de Montferrand me tient à cœur, pour rester invaincus mais aussi pour gagner !! Ce sera le «Big Match» !!!

     
     
    Quel est ta plus grosse déception sur un stade ?

  • C’est en 1998 pendant les phases finales, j’avais joué les quarts de finales et puis costard, blaser, je n'étais même pas remplaçant, cela fait partie du jeu mais ces situations font qu’aujourd’hui je suis motivé à toutes les rencontres.




    Qu’est-ce qui te donne la chair de poule ?

  • Je te l’ai dit tout à l’heure lorsque je rentrerai sur le stade et que je n’aurai plus le « frissons, la chair de poule » et les larmes aux yeux de voir ce public, il sera temps pour moi d’arrêter, mais bon, j’ai bien peur que ça ne dure encore longtemps !! (rire)… Si je suis encore là, et ne part pas c’est aussi un peu pour eux « le public » !!

     
      Quel est le secret pour être un bon joueur de rugby ?

  • Je crois avant tout que c’est par le travail que l’on arrive à quelque chose. Il faut bien sur des aptitudes naturelles, mais qu’il faut entretenir par le travail. Je pense à Patrick Arletas, qui avait des capacités naturelles énormes, s’il avait travaillé davantage il serait l’un des meilleurs centres au monde. Thomas Lièvremont lui aussi avec plus de labeur, serait en équipe de France et il aurait certainement 60 capes à son palmarès, mais il vit un peu sur des acquis.

    quelle est la qualité que tu admires le plus chez un ami ?

  • La franchise et la gentillesse !

    Une question un peu plus personnelle, ton principal défaut ?

  • Je cherche ce que ma femme me dit souvent, c’est peut-être que je n’aime pas avoir tord, mais c’est aussi ma timidité. Parfois je n’ai pas su m’imposer à cause de cette timidité qui a pu profiter à d’autres.

    Ta principale qualité ?

  • C’est difficile car je n’ai pas l’habitude de parler de moi, mais bon, je dirais que je suis un très gros travailleur, que se soit dans le rugby ou dans la vie, je suis un bosseur. Je crois que c’est une grande qualité, c’est ce qui a permis que je sois là aujourd’hui.

    cites-nous à présent 3 noms de joueurs que tu admires, qui ont été des exemples pour toi ?

  • Je dirai Majoral, pour tout ce qu’il représente par rapport au Roussillon, pour les discours qu’il faisait, à nous faire pleurer. Il produisait un jeu de combattant, il ne lâchait jamais le morceau, et jouait avec ses tripes.
    Marc Lièvremont, il a été un exemple pour moi.
    Le 3ème ligne d’Agen, Beneton, qui a beaucoup changé maintenant.

     
     
    3 Clubs de références ?

  • Toulouse !...
    Toulon pour ce qu’il représente même encore en D2...
    Colomiers, parce que c’est un groupe qui se suit depuis longtemps, c’est encore un club «famille » et cela me plait bien. Ils sont un peu comme nous...

    3 de tes passions ?

  • Il y a la cueillette des champignons, mes coins à morilles et à cèpes !..
    La pêche en mer, à la dorade. J’aime bien aussi la truite, mais je n’ai pas trop le temps d’y aller. J’y vais une fois à l’ouverture, mais je préfère la pêche en mer du coté de Leucate, c’est plus prés.
    En fait, j’aime bien tout ce qui touche à la nature...

     
      Notre région regorge de bonnes choses quelle est ta sélection ?

  • Il y a un plat en hiver qui réchauffe et que l’on crie sur les stades c’est « l’ouillade » rire !!!
    Il y a ensuite mon plat préféré : « Las boles de piculats »
    Et bien sur la Cargolade, mais je ne suis pas difficile j’aime un peu tout !!!

    Quelle est l’expression catalane que tu utilises le plus ?

  • « Sabes » - enfin ce qui veut dire « sais-tu ? » !!! rire

    Ton coup de gueule si tu en as un ?

  • Oui, il s’adressera à la Fédération, et aux médias en général. Je ne comprends pas le comportement des médias à l'égard du peuple Catalan. Lors de la Finale 98 les télévisions ont occulté les couleurs catalanes, les 40 000 milles catalans ayant fait le déplacement, les grillades sous la Tour Eiffel etc.… Je peux dire que ça m’a considérablement déçu. Les diffuseurs tentent d’éviter que nous prenions de l’ampleur !... Je ne saisis vraiment pas pourquoi nous sommes écartés à ce point. J’ai l’impression que pour eux nous ne faisons pas partie de la France !...

    Le mot de la fin... Un conseil aux jeunes joueurs ?

  • Attendez que j’arrive…puisque mon but par la suite est de m’occuper en priorité des jeunes. Je ne veux pas en rester là, je souhaiterais en premier lieu former les tout petit, les premiers pas et ensuite les autres en montant, les poussins, benjamins, jusqu’en cadet ou junior...
    J’ai déjà entraîné Farid Sid lorsqu’il jouait à Rivesaltes, cette année là, le groupe était champion de France UFOLEP C. Je crois que je serais un entraîneur rigoureux (rire !!) Non ! Avant tout il faut que les jeunes s’amusent et prennent du plaisir, après avec le temps on devient de plus en plus exigeant mais c’est une bonne chose !!!


    Merci beaucoup Bernard d’avoir répondu avec autant de passion et de gentillesse a toutes nos questions. Nous te souhaitons une longue carrière et beaucoup de bonheur dans ta vie...
    Merci et à très bientôt sur les stades !...



  • Merci à toi et à toute l équipe de rugby66...